Sculpture, utilitaire et décoration

Maya de la Vaissière

Je puise la substance de mon travail dans ces rencontres avec la nature et avec l’environnement. Les images et la matière qui s’y trouvent. Les stratifications des roches issues du mouvement du sol qui ont fait s’entrechoquer les forces en arabesques et fissures. Les courbes des montagnes façonnées par l’érosion de l’eau. Ces aspérités sont empreintes de lenteur et m’interrogent sur l’instabilité des choses que l’on pense solides, pérennes et stables. Dans mes sculptures en céramique, je témoigne de ces mouvements du minéral.

J’ai appris l’artisanat de la céramique, par des voyages au Togo et au Pérou. Au Togo particulièrement, je me suis connecté.e à la poterie locale et autonome. Aller ramasser l’argile dans le champ de maïs, la préparer et façonner les pièces en extérieur. Cuire au bois dans des fours de terre éphémères. Produire avec peu, ce qui se trouve sous nos mains.

Je travaille le modelage. Je travaille ces techniques car elles me permettent de jouer avec l’aléatoire pour travailler avec les irrégularités et le mouvement. J’ai toujours cherché, déjà dans mes recherches plastiques durant mes études à retrouver le mouvement de matière figée. J’ai également toujours cherché à mettre en valeur le travail de la main, l’histoire des gestes et des imperfections, du temps qui passe et le modelage a cette beauté là. J’aime explorer les limites des états de l’argile pour composer des formes organiques faisant référence à des phénomènes géologiques en les mettant en lien avec nos corps. Je cherche les courbes des paysages de mes balades, les corps en mouvement des falaises fripées par le temps, l’eau et le vent, les berges et le courant de la rivière.